Vendredi 13 novembre 2009
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Voici un article de Gil, passionné de foot, qui a livré son avis, dans un article sur SportVox,
sur le joueur David Trézéguet et son avenir en Equipe de France. Prenez le temps de le lire, vous ne serez pas déçus!
"A mi chemin entre l’affaire Dreyfus et l’affaire Seyznec, le cas Trezeguet continue de faire jaser.
Il y a quelque chose d’irrationnel dans le rapport que nous entretenons, nous footeux français, avec David Trezeguet. Un but de raccroc de Trezeguet à la 86ème et c’est tout le camp «pro
Trezeguet» qui brandit un poing (ou un doigt au choix) vengeur à la terre entière sur le thème «bah ouais les gars, un buteur de cette trempe, ça ne court pas les rues. Car l’histoire de ce
franco-argentin à l’accent à couper au couteau, un rien énigmatique, fêtant ses buts comme si son premier enfant venait de naître, ne laisse pas indifférent les paisibles spectateurs que nous
sommes.
On se souvient de ses premières foulées sur le sol monégasque, du duo de choc qu’il formait avec son comparse Thierry Henry, de son but d’anthologie à Old Trafford et de ses stats, à faire passer
Gert Müller ou Delio Onnis pour des vendangeurs de première.
La Coupe du Monde 1998 révèle au grand public le talentueux David. Unbut contre l’Arabie Saoudite, une passe déc’ contre le Paraguay, un tir au but réussi contre l’Italie en ¼ de finales (là ou
les «cadres» regardaient leurs pompes): le bilan est plus que prometteur pour le champion d’Europe junior cuvée 1997.
Mais ce sont surtout 2 gestes qui marqueront au fer rougele public français: la volée dans le temps additionnel de la finale du championnat d’Europe contre l’Italie (un moment peut-être plus fort
que la victoire contre le Brésil en 1998) et le tir au but raté face à ces mêmes italiens en finale de la coupe du monde 2006.
Dans le domaine extra sportif, on pourra rajouter les larmes du buteur meurtri devant le public parisien à l’issue de la dernière coupe du monde. Et bien sûr ses bisbilles avec Raymond Domenech
(qui a l’outrecuidance de l’envoyer en A’) auront achevé de statufier Trezegol, vu le flair de Raymond la Science et sa faible côte de popularité.
Depuis Jean-Pierre Papin, rarement le public français ne se sera autant entiché d’un attaquant. Peut-être son côté (trompeur) de «joueur de DH» qui fait que chacun peut se reconnaître en lui: pas
hyper rapide, des qualités de dribbles très loin d’un Cristiano Ronaldo, une zone de jeu qui se limite à la surface de vérité...
Mais quand on est le meilleur buteur étranger de la Juve, on a heureusement d’autres qualités à faire valoir: une adresse exceptionnelle des 2 pieds, un jeu de tête à faire passer Tony Cascarino
pour une brêle, une science du déplacement inégalable et une lecture du jeu au-dessus de la moyenne. Le tout accompagné d’une détermination et d’une gnac qui ne faiblit pas au fil des ans.
A l’heure où chaque joueur voit son temps de jeu disséqué, décortiqué, avec des stats pas toujours d’un intérêt délirant (terrain parcouru, vitesse de réaction...) pour le téléspectateur, la
copie rendue par Trezeguet est souvent mi figue mi raisin. Car ce type de joueur a forcément du déchet: parfois pris au piège du hors-jeu, touchant peu de ballons, il est le prototype de
l’attaquant, à la Pipo Inzaghi, qui ne va pas faire la différence balle au pied.
Mais comme le dit le proverbe (pas forcément d’une finesse inouïe): «c’est à la fin du marché qu’on compte les bouses».
Et quand le match est terminé, il n’est pas rare de voir le défenseur se prendre la tête à 2 mains, échangeant un regard médusé avec son gardien (qui en a pris 1 ou 2 dans la musette) du style:
«mais comment est-ce possible?».
A la question: peut-on raisonnablement aligner Trezeguet à la pointe des Bleus dans un football qui a évolué, où les attaquants sont rapides comme l’éclair, ma réponse est plus que jamais
OUI."
Auteur: Gil
Source: Sportvox.fr
Par Miss Lili
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