C’est ce mardi que Raymond Domenech, le sélectionneur de l’équipe de France, a communiqué sa liste pour les deux prochains matchs – décisifs – des Bleus. Il détaille ses choix, l’esprit tourné à la première rencontre face à la Suisse et se remémore le cauchemar de 1993.
Raymond Domenech, vous avez sélectionné Peguy Luyindula pour les deux matchs contre la Suisse et Chypre. C’est une petite surprise…
Non, c’est un attaquant, un avant-centre. Thierry Henry est blessé, et il fallait quelqu’un à ce poste là. En plus, il marque en ce moment. Je connais bien Peguy, et quand il est dans un cycle je sais qu’il faut l’utiliser à ce moment là. Donc ce n’est pas du tout une surprise. Je vous rappelle qu’il était au départ de cette équipe. Il avait la possibilité d’y revenir.
Zinédine Zidane revient de blessure, ne risque-t-il pas d’être un peu à court de compétition…
Non, pas à cette période de l’année. Quinze jours ou trois semaines d’arrêt ne sont pas pénalisants. Il y a eu une préparation au début de saison. Les Suisses m’inquiètent plus que les cas des uns des autres.
Mais s’il ne jouait pas avec le Real Madrid ce week-end, serait-ce gênant ?
Oui, je le pense. S’il ne joue pas, cela veut dire qu’il ne sait pas où il en est de sa blessure. S’il est en état, il doit jouer dimanche.
Dans tous les cas il sera avec vous lundi ?
Il doit…
Le retour de David Trezeguet en attaque apporte-t-il une confiance supplémentaire ?
Je ne suis ni plus, ni moins confiant. David a du talent. C’est le meilleur buteur de l’équipe de France encore en activité. C’est donc intéressant. Mais nous ne sommes que jeudi, et il y a encore un match de championnat dimanche. J’attends.
« 1993 ? Je n’ai pas envie de revivre cette situation »
Le fantôme de l’élimination de l’équipe de France en 1993 rôde-t-il toujours ?
C’est mon discours. Mais on le sait, chaque match est décisif depuis le mois d’août. On n’a pas le droit au faux pas. Il faut être concentré uniquement sur le match de la Suisse. Il ne faut se préoccuper que de ça. C’est celui là qu’il faut jouer et pas ceux d’après. J’ai trop en mémoire octobre et novembre 1993, où il suffisait d’un point à domicile pour aller aux Etats-Unis.
En avez-vous discuté avec Gérard Houllier, le sélectionneur de l’époque ?
Oui, on en a beaucoup parlé. Pas récemment, mais à l’époque. J’étais à la DTN, on l’a tous vécu très mal. Je sais ce qu’on ressent quand on rentre dans un vestiaire et que toutes les illusions se sont envolées. Je n’ai pas envie de revivre cette situation.
Quelles sont les erreurs à ne pas reproduire ?
Etre déjà dans l’après. Il faut penser Suisse et vivre Suisse. Seulement.
Est-ce que le retour prochain de Fabien Barthez vous empêche déjà de dormir, au vu des performances actuelles de Grégory Coupet ?
Vous n’avez pas écouté mes réponses. Pour le moment je m’occupe de la Suisse.
Avez-vous revu le match France-Suisse de l’Euro portugais ? Allez-vous vous en servir ?
Il y a des joueurs qui ont disputé ce match. On se sert toujours de ces matchs là. Dans ce genre de situation, on regarde surtout ce qui n’a pas bien marché. Mais les joueurs étaient mieux placés que moi, ils sauront mieux que moi vous en parler et régler les problèmes je l’espère.
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