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Voici l'interview de David Trézéguet par François Verdenet dans France Football paru ce décembre:
Elle se présente en 2 parties, due à sa longueur. Merci à Nawel pour le scan.
En ce moment, mercredi 13 décembre, le centre flambant neuf de la Juventus, situé à Vinovo, en face de l'hyppodrome de Turin, est baigné par un doux soleil automnal. En toile de fond, les Alpes enneigées enveloppent de leur premier manteau blanc la capitale piémontaise. Il est 15h30. L'entrainement va débuter. Didier Deschamps, une doudoune blanche sur les épaules, sort le premier du vestiaire suivi par ses hommes, vêtus de noir. Les journalistes et quelques rares privilégiés sont invités à assister à la séance du haut d'une terrasse dominant la vaste plaine du jeu. Trois caméras perchées sur des echafaudages filment en direct la petite opposition entre Turinois pour Juventus Channel, la chaine télé récemment lancée par le club turinois. L'ambience est détendue. La Juventus vient de prendre la tête de la série B et s'apprete à recevoir Cesena, le vendredi suivant. Absent depuis plus d'un mois, David Trézéguet doit faire sa rentrée lors de cette rencontre. Mais le jour même du match, au centre de Vinovo, la Juve connaitra un terrible évenement. Deux jeunes joueurs de la Primavera se noient dans un réservoir d'eau profond de 4 mètres en voulant récupérer un ballon. Jusque dans la tragédie, jusque dans sa chair, la Juventus vit une saison noire. 2006 sera décidement l'année de toutes les souffrances pour la Vieille Dame.
Deux jours avant, dans la salle de massage où il s'est livré pendant une grosse heure, David aurait certainement confié qu'un tir au but manqué en final de Coupe du Monde ou une saison en série B n'étaient rien à coté de ce drame. En ce mercredi 13, l'attaquant fut comme d'habitude: franc et direct. Il a évoqué sa joie de revenir sur le terrain après une élongation, les raisons qui l'ont poussé à rester à la Juve malgré sa relégation administrative, son attachement à ce club où il vit sa septième saison, mais aussi les Bleus, et ce Mondial qui s'est terminé en queue de poisson, surtout pour lui. Récemment consacré neuvième sportif préféré des français dans un sondage L'Equipe Magazine RMC, troisième Bleu dans ce classement derrière Henry et Thuram, l'avant-centre tricolore a parlé avec son coeur de son amour pour le public. C'est d'ailleurs en partie à cause de lui que le champion du monde 98 a prolongé l'aventure en Equipe de France. La nuit suivant la finale perdue face à l'Italie, le buteur avoue qu'il a songé à raccrocher les crampons avec les Bleus. "Je n'étais pas dans la tête de Domenech", claque-t-il sans faux semblant. L'est-il de nouveau? Trézégol, monsieur 50%, l'homme aux 34 buts en 68 sélections se pose toujours cette question... En attendant il fait son retour à la compétition le 19 décembre à Bologne. (victoire de la Juve 1-0)
Sa saison en série B: "Je veux marquer l'histoire de la Juve"
David, après un gros mois d'absence, comment vous sentez-vous?
"Je suis très heureux de retrouver le terrain. Il me manquait. J'ai eu une élongation et j'ai pris le temps de me soigner. L'équipe a bien tourné en mon absence. Après trois mois de compétition et tout ce qui est arrivé, c'est presque miraculeux de se retrouver déjà dans cette position. Le groupe a prouvé qu'il avait du caractère. Nous avons vite su rebondir."
Alors, la série B, c'est comment?
"Je découvre un nouvel univers. Sur le plan sportif, je ne suis pas tellement destabilisé. C'est du foot et on est attendu partout. Ce n'est pas nouveau. Là où j'apprends le plus, c'est sur le plan humain. A ce niveau, cette expérience est enrichissante. Que ce soit Gigi (Buffon), Camo (Camoranesi), Pavel (Nedved), Del piero ou moi, on s'est bien adapté à la situation. Tout le monde s'est rapidement remis en cause pour relever le challenge de la remontée immédiate. L'effort est plus mental que sportif de notre part. Nous n'avions pas pour ambition de jouer en série B, mais plutot de viser la Ligue des Champions cette année."
Quel est votre role dans cette nouvelle aventure?
"Nous sommes là pour encadrer des jeunes et tirer le groupe vers l'avant. On apporte notre expérience. Plus de la moitié de l'équipe a moins de vingt-quatre ans. C'est un défi de relancer la Juventus avec cette jeunesse et à cette période de son histoire. C'est motivant. On a également envie d'oublier cette saison rapidement. Personne ne veut végéter à ce niveau. Tout le monde sait que la Juve n'est pas à sa place. Mais on y est, il faut faire avec."
Vous avez encore du mal à digérer les évènements de cet été, cette rétrogradation administrative en série B?
"J'ai surtout du mal à payer pour des fautes que je n'ai pas commises. C'est dommage qu'on trinque sportivement pour des erreurs qui ont été faites en dehors du terrain. C'est dur de voir un club comme la juve à ce niveau alors qu'il a marqué l'histoire du football mondial. Avec le Barça, le Real ou Manchester, il fait parti des plus grands clubs. Le plus difficile à accepter aussi, pour nous les joueurs, c'est qu'on nous a retiré ce titre de champion. Nous avions montré que nous étions les plus forts sur le terrain. S'il a été enlevé de notre palmarès, pour moi il compte toujours. Tout comme les buts que j'ai inscris la saison passée."
Avez-vous l'impression que la Juventus a vécu un immense gâchis?
"Mon plus grand regret est d'avoir vu exploser un groupe extraordinaire, une grande équipe. Nous avions encore une durée de vie de 3 ou 4 ans ensemble. Nous pouvions remporter d'autres titres, gagner la Ligue des Champions cette saison. C'est très frustrant d'avoir vu éclater une telle équipe dans des conditions pareilles. Là oui, j'ai l'impression d'un grand gâchis."
En voulez-vous à Cannavaro, Vieira, Ibrahimovi, Zambrotta ou encore Emerson d'être partis?
"Pas du tout. Vous avez vu où ils ont tous atteri? Au Real, à l'Inter et au Barça. Le club a effectué des choix obligés d'un point de vue économique et ils en ont profitté. Ce sont tous d'immenses compétiteurs qui veulent porter le maillot de grands clubs et gagner des titres. Chacun a pris une décision. Personnellement, on ne m'a pas laissé le choix."
Vous sentiez-vous redevable envers la Juventus?
"J'ai réagi en professionnel. Mais ce choix de me conserver absolument m'a également touché. Les dirigeants ont prouvé qu'ils tenaient vraiment à moi. De mon coté, en 7 ans de présence, ce club m'a permis de montrer mes qualités, de progresser et de devenir ce que je suis. Quelque part, ce que je vis aujourd'hui est une façon de lui renvoyer l'ascenseur."
Aviez vous des opportunités pour partir?
"Dès que les affaires ont éclaté, des clubs ont tenté de profiter de la situation. Ils savaient que la Juventus serait obligée de dégraisser et ils sont vite venus aux renseignements. Mais, dès que le club s'est prononcé sur les joueurs à vendre, les dirigeants s'en sont tenus à cette ligne. Cependant quand j'ai repris l'entrainement le 10 août, le club ne savait pas encore dans quelle division on jouerait. Il était obligé de se protéger, d'envisager un éventuel maintien en série A. Ici beaucoup croyaient qu'on allait s'en sortir. Malheureusement..."
Est ce que Lyon vous a vraiment contacté?
"Il n'a pas été le seul. Il y en avait partout. Mais quand la Juve a fait barrage, on a rompu les contacts."
Qui vous a apprové à l'OL?
"Le président Aulas. Il faut dire qu'il était bien placé à ce moment. Il était souvent avec nous en équipe nationale pendant la Coupe du Monde. Cette proximité a facilité les choses."
Quel regard portez vous sur l'OL?
"L'OL est une équipe très interessante, un grand club. C'est devenu une formation qui fait peur en Europe. Le Real, le Barça ou le Milan AC se méfient maintenant de Lyon. L'OL est le club qui monte en Europe. Il possède un bel avenir. Quand j'étais à Monaco, j'ai connu le Lyon qui avait seulement l'ambition de gagner un premier titre national. Aujourd'hui ce club peut remporter la Ligue des Champions. Il a vite et bien grandi. La France a d'ailleurs besoin de clubs comme lui. C'est bien pour le foot français et son prestige international. Je dis bravo Lyon."
Vous verra-t-on un jour en France?
"Je prends les choses dans l'ordre. Je vais déjà essayer de remonter avec la Juve. Il me manque donc 6 mois pour me prononcer. Je ne sais pas quel sera mon avenir à partir du 15 juin. La seule chose que je peux dire actuellement est que je serais à Turin après Noel."
Irez-vous au bout de votre contrat, qui court jusqu'en juin 2008?
"Ca dépend de beaucoup de paramètres et de l'ambition que les dirigeants auront pour le club. Il n'y a pas que mon cas. J'attends par exemple de voir quels joueurs peuvent arriver, si la Juve va attirer de grands noms et si certains de mes collègues actuels peuvent partir. C'est un ensemble de choses qui va me pousser à prendre une décision. Je ne peux rien dire aujourd'hui. L'un des autres facteurs qui comptent à mes yeux est que je suis sûr de ne pas rejouer la Ligue des Champions avec la Juve avant la saison 2008-2009, au mieux. J'aurai presque 31 ans. Et comme je veux continuer à gagner des titres, surtout celui-ci, ça me fait aussi réfléchir. Il me reste un an de contrat. Tout est envisageable. Mais nous avons pas encore entamé de discussion avec le club. Il y a d'autres choses plus urgentes à faire pour l'instant."
Pour visualiser la 2ème partie, cliquez ici:
http://david.trezeguet.over-blog.com/article-5034880.html
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