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THIERRY HENRY, jouer le Brésil, ça vous fait rêver ?
T.H. : Ça fait plutôt rêver les supporters. Nous, on n'est pas là pour rêver. Les Brésiliens, on a l'habitude de les affronter en clubs, notamment en Ligue des Champions. Bien sûr ce sont des joueurs hors pair mais on n'est pas là pour rêver. De toute façon, quand on joue contre le Brésil, c'est toujours une affiche. Quand j'étais de l'autre côté de la barrière, ça me faisait rêver, oui. Là, c'est un match à jouer et à gagner. Mais il y a beaucoup le respect est mutuel. Ils ont cinq étoiles sur leur maillot donc on ne peut pas passer à côté de ce qu'ils ont fait depuis la nuit des temps en Coupe du monde. Mais ça reste un match de football. Je ne suis pas plus excité par le Brésil ou la Suisse.
Le Brésil est-il plus fort que l'Espagne ?
T.H. : Plus fort oui... par rapport à ce qu'ils ont montré par le passé en Coupe du monde. D'un autre côté, je m'attends aussi à affronter une équipe qui jouera encore plus vers l'avant. Je pense que ça va être un match ouvert. L'équipe brésilienne aime jouer, aime attaquer, aime avancer. Comme je le disais après l'Espagne, c'est entre guillemets plus facile de jouer contre une équipe qui aime jouer au ballon que contre une équipe qui reste derrière. Mais les matches de poules sont finis. Il n'y a plus de calculs.
Le souvenir de la finale de 1998 peut-il vous servir avant ce quart ?
T.H. : Je ne sais pas s'il faut s'en servir ou l'évacuer, franchement. Il y a toujours des trucs qui surprennent dans un match. Ce sera différent. Nous, c'est une autre génération. Eux aussi, même s'il reste quelques joueurs qui se sont croisés lors de cette finale. Les choses ont changé. Notamment, ce sont désormais eux les champions du monde.
L'équipe de France est-elle en train de monter en puissance ?
T.H. : Il y a des choses à améliorer. Il y a toujours eu une bonne ambiance. Sans le résultat contre l'Espagne, c'est vrai que c'était difficile de faire passer le message. Mais ça va de mieux en mieux. Il y a toujours des choses à peaufiner. On verra bien face au Brésil comme ça va se passer. Et j'espère que ça ira encore mieux après le quart de finale.
A titre personnel, comment vous sentez-vous seul en pointe ?
T.H. : Moi, ça va. J'ai souvent du faire ça en Ligue des Champions cette année, notamment face à Villarreal. Même si ce n'est pas évident d'être tout seul devant. De temps en temps, on se trouve un peu esseulé. Heureusement, le bloc a super bien défendu. Zizou est venu m'aider à défendre devant, Flo (Malouda) et Franck (Ribéry) ont resserré les côtés, Pat (Vieira) et Keke (Makelele) sont bien venus mordre les Espagnols au milieu de terrain. Mais c'est pour ça qu'il y a un groupe de 23. Si, à un moment donné, j'ai un coup de pompe, l'équipe est là pour ça. Quand Sydney Govou et Sylvain Wiltord sont entrés, ils ont mis Zizou sur orbite sur le troisième but. Donc ça n'est pas évident mais on essaie de donner le maximum.
L'Espagne a eu 61% de possession de balle contre vous. Vaut mieux t-il avoir le ballon ?
T.H. : Eternelle question. Le plus important est de bien s'en servir quand on l'a. Mais les stats comme celle-là, c'est bien quand tu as gagné. Tu peux dire : "Voilà, j'ai eu le ballon 60% du temps" ... A Arsenal, en début de saison, on était critiqué, on disait qu'on jouait à la passe à dix. On faisait des matches avec 33 tirs, 33 centres, 70% de possession, et on perdait 2-0. Bon, ça a fini par payer.
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