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Le sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, réclame de l'audace à ses joueurs mais sa passivité dans la gestion de son effectif a de quoi déconcerter.
Lors des deux premiers matches des Bleus dans la Coupe du monde, qui se sont soldés par des matches nuls face à la Suisse (0-0) et à la Corée du Sud (1-1), Domenech s'est montré attentiste et sa gestion des remplacements s'est avérée inefficace.
Dimanche dernier face aux Coréens à Leipzig, les Français ont offert un visage conquérant en début de match. Installés dans la moitié de terrain adverse pendant les 45 premières minutes de jeu, ils ont logiquement ouvert le score grâce au 34e but en bleu de Thierry Henry mais ont été incapables de maintenir la même cadence après la pause. Ils ont finalement encaissé un but à la 81e minute de jeu, cédant sous le pressing coréen.
Pendant ce match, Domenech a effectué son premier changement à la 60e minute en remplaçant Sylvain Wiltord par Franck Ribéry. Une décision judicieuse qui a permis aux Français de trouver un second souffle. Mais quand le feu a pris dans les 20 derniers mètres tricolores, Domenech n'a rien fait, attendant l'égalisation pour lancer Vikash Dhorasoo (87e) puis David Trezeguet (89e).
"J'ai une théorie: quand l'équipe est solide, est en place et qu'elle va bien, même avec un joueur fatigué, des fois c'est mieux que de faire entrer quelqu'un qui veut absolument être le sauveur et va dépasser le cadre de l'équipe", a expliqué Domenech vendredi.
Une idée susceptible d'expliquer que face à la Suisse en ouverture, dans la chaleur étouffante du Gottlieb-Daimler Stadion de Stuttgart, le sélectionneur n'ait effectué que deux remplacements, substituant Ribéry par Louis Saha à la 70e minute de jeu, puis Sylvain Wiltord par Dhorasoo à six minutes de la fin du temps réglementaire.
Les Bleus ont beaucoup souffert physiquement contre les Suisses et l'apport de sang frais aurait constitué un atout supplémentaire dans le jeu tricolore.
"Le coaching n'est pas programmé d'avance (...), je n'ai pas la science infuse", a poursuivi le sélectionneur. "Sur le moment, j'ai des décisions à prendre en fonction de ce qui est train de se passer sur le terrain. Je fais de mon mieux."
Face aux Coréens, Domenech a fait rire Trezeguet, un "sauveur" potentiel, en le faisant entrer à la 89e minute à la place de Zinédine Zidane, lui confiant au passage le brassard de capitaine...
"Zidane est suspendu pour le prochain match", a expliqué Domenech. "Mon idée était qu'il y a un match derrière et que Zizou ne le jouerait pas et qu'il faut envoyer des signaux à tout le monde (...). Il y en a qui doivent se préparer."
Trezegol, auteur de 32 buts en équipe de France n'a joué que deux minutes environ en Allemagne. Difficile à imaginer au regard des difficultés offensives des Bleus.
En début de Mondial, l'attaquant de la Juventus a plaidé pour un retour au système à deux attaquants de pointe travaillé pendant les matches de préparation mais finalement délaissé par le sélectionneur au profit d'un 4-2-3-1 avec Henry seul devant.
Ce système, que Domenech devra probablement modifier en raison de la suspension de Zidane pour le match contre le Togo, résulte davantage de circonstances indépendantes de la volonté de Domenech que d'une vraie décision. Sans la blessure de Djibril Cissé contre la Chine en match amical à la veille du départ en Allemagne, il est en effet peu probable que les Français aient changé de schéma de jeu.
Zidane, qui est lui aussi favorable à un système à deux attaquants de pointe, n'a pas eu un regard pour le sélectionneur au moment de son remplacement par Trezeguet à Leipzig.
"Trouvez moi un joueur content de sortir quand un match n'est pas complètement débloqué", a commenté Domenech mardi. "A part celui qui a marqué un but (...), le joueur sort pas forcément avec la banane. Et c'est rassurant. Le mec qui est content de sortir, de s'en aller, c'est un peu gênant."
En réalité, l'indécision de Domenech ne date pas du Mondial. A son arrivée à la tête des Bleus il y a deux ans, le sélectionneur avait l'ambition de reconstruire. Il avait donc accepté la fin des carrières internationales de Lilian Thuram, Claude Makelele et Zinédine Zidane et convoqué de nouveaux joueurs. Mais les matches nuls à répétition en éliminatoires l'ont poussé à accepter le retour des anciens, désormais des pièces essentielles de sa formation.
Contre le Togo vendredi à Cologne, 'Zizou' et Eric Abidal, suspendus, seront indisponibles. Domenech a trois jours pour recréer un groupe. Après, il sera trop tard.
"J'ai une ou deux options pour jouer le Togo", a-t-il dit mardi. Sans s'avancer davantage.
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