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Regard furibard, Zinédine Zidane jette son poignet bleu blanc rouge en direction du banc de touche. La photo et les images ont fait le tour du monde. Face au Togo, le capitaine des Bleus vivra un drôle d’anniversaire. Il pourrait voir sa grande carrière s’achever à Cologne, en catimini et sur un banc comme face au Paraguay en 1998 ou dans un vestiaire vide comme face à l’Uruguay en 2002. Sa famille n’a pas prévu d’être là vendredi car « il ne joue pas » et que tout le monde espère « que ça ne s’arrête pas aussi tristement ». Après avoir passé la journée de lundi avec sa femme et deux de ses enfants, sans intimité puisque poursuivi par les paparazzi allemands qui le déboulonnent un peu plus chaque jour de son piédestal, il va vivre une longue semaine.
Il récupérera un peu. Travaillera physiquement. Beaucoup. En Corée du Sud, malgré sa blessure, il enquillait les tours du terrain sur les installations de Guri, près de Séoul. A Madrid, même diminué, il n’était pas rare qu’il appelle un des préparateurs physiques du Real pour « bosser » sur les différents camps d’entraînement qu’il a connus (Castellana, Las Rozas ou Valdebebas). « Sans travail, tu n’as rien », explique-t-il à l’envie. A Aerzen ou à Hameln, Zidane ne lâchera pas le morceau physiquement. Trop perfectionniste pour accepter les commentaires laudatifs des deux premiers matchs, le numéro 10 français sait qu’il n’a pas donné ce qu’il voulait.
Désireux de casser la baraque pour cet ultime défi, ZZ entend bien profiter d’un dernier match au couteau. Pourquoi pas face à l’Espagne, son nouveau pays d’adoption ou face à la Tunisie, représentant de ce Maghreb qu’il veut découvrir. Ou face à l’Ukraine. Mais pour cela, il faudra que ses partenaires se battent pour lui. Si Barthez a indiqué ne penser qu’à ses performances, si Domenech et Thuram espèrent qu’il rejouera, on n’a pas entendu grand monde hausser la voix pour dire : « Nous le ferons aussi pour lui. »
En 1998, l’équipementier de Zidane avait donné son soutien à Laurent Blanc, injustement suspendu pour la finale de la Coupe du Monde, à coup de grandes pages publicitaires. On aimerait tant que les 22 autres Bleus et le sélectionneur aient dans un coin de leur tête l’image de leur capitaine. Sans son retour, l’équipe de France ne serait sans doute pas au Mondial. Dans le groupe, il a su s’imposer comme un capitaine après des années de retenue. Prêt à tout accepter pour le maillot national, malgré - apparemment - des assurances non tenues de jouer dans un système qu’il affectionne, Zidane mérite bien que les Bleus se mouillent pour lui et qu’ils trempent le maillot pour offrir au « meilleur joueur du monde », selon un Vieira reconnaissant, une autre sortie que celle de Leipzig. Ça lui ferait un beau cadeau pour ses 34 ans.
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