
Raymond Domenech, la France est qualifiée pour le Mondial 2006, c’est un grand soulagement pour vous…
Oui, on est satisfait. Le but était de se qualifier. On est heureux. Mais le monde ne s’arrête pas là. Il y a une suite, ce n’est qu’une étape. J’ai peut-être ce défaut, une fois que c’est fini, je pense à ce qui suit. Nous avons des responsabilités, et nous avons huit mois pour préparer cela. Le soulagement a duré cinq minutes après le coup de sifflet final. Maintenant je suis déjà reparti dans l’autre course. Il faut avancer. On a le temps de se préparer et de construire pour cette Coupe du Monde. Une Coupe du Monde dont on rêvait tous. Quand on voit les joueurs dans le vestiaire afficher une vraie joie, profonde, pas exubérante, une vraie satisfaction d’avoir fait ce qu’il fallait pour se qualifier, c’est un vrai bonheur.
Avez-vous douté lors des 25 premières minutes ?
Non, c’est souvent comme cela dans ce genre de match. On rêve toujours de marquer trois buts dans le premier quart d’heure. Mais on sait que c’est en usant l’adversaire que l’on trouve plus tard des solutions. En plus, les Chypriotes ont joué, ils nous ont posé des problèmes, ils sont sortis. On savait qu’il y aurait des possibilités dans le match, petit à petit, et qu’il fallait être patient. Avoir de l’enthousiasme, mais de la patience en même temps.
Zinédine Zidane a montré la voie en marquant le premier but…
Oui, mais cela à l’air de vous surprendre ! Moi non. On sait ce qu’il apporte, ce qu’il a apporté, et ce qu’il peut apporter encore à cette équipe de France. Pourvu qu’il continue comme cela.
Avez-vous eu peur à un moment de ne pas marquer un cinquième but…
Je n’ai pas eu peur. On a poussé et on a essayé. Je suis resté debout, pour les pousser à marquer ce cinquième but, pour être sûr. On est resté à quatre. De l’autre côté, sans surprise, il y a eu un score habituel dans ce groupe, c'est-à-dire un match nul (ndlr, 0-0 entre l’Eire et la Suisse). C’était à peu près prévisible, mais nous avons gagné les deux matchs qu’il fallait : celui en Irlande et celui-ci.
« Je leur ai menti tout le long en leur disant qu’il fallait encore en mettre un »
Les Bleus ont connu un petit passage à vide en début de seconde période, comment expliquez-vous cela ?
Il nous manquait peut-être un peu de fraîcheur. Le terrain n’est pas facile à jouer non plus. Je le dis encore. Je ne demande pas que la pelouse soit parfaite, mais c’est dommage de jouer sur une pelouse qui est bosselée, surtout avec le temps qu’on a en ce moment.
Avez-vous communiqué le score d’Eire-Suisse aux joueurs pendant la rencontre ?
Je leur ai menti tout le long en leur disant qu’il fallait encore en mettre un. Sauf quand c’était vraiment fini. A 4-0, si les Suisses avait marqué un but, on était en barrages.
Quel fut le moment le plus difficile de cette qualification ?
Je ferai le bilan plus tard, demain (nldr, jeudi) ou après-demain. Pour le moment, je savoure. C’est un vrai bonheur. On est en marche. Cette équipe avance, elle se construit.
Quel est votre avenir immédiat ?
Mon avenir, c’est une petite coupe de champagne pour commencer. Ensuite, ce sont deux jours tranquille. A partir de lundi, on recommence. Il faut qu’on aille en Allemagne pour voir les installations et confirmer. Cela sera mon boulot la semaine prochaine.
L’équipe de France sera à la Coupe du monde, et vous ?
Oui, quoi qu’il arrive, j’y serai.
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