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En conférence de presse, Raymond Domenech a confié qu'il avait tenté de raisonner ses joueurs dans le bus de l'équipe de France avant de venir lire leur communiqué expliquant leur décision de boycotter l'entraînement, dimanche après-midi. «Ça faisait 45 minutes, même plus, que j'essayais de convaincre les joueurs de l'aberration, de l'imbécilité, de la stupidité sans nom de ce qu'ils se préparaient à faire, a lâché le sélectionneur national. Avec le staff et les membres de la Fédération, on a tous essayé de les convaincre qu'en tant que joueur de l'équipe de France, ils ne pouvaient pas se permettre de faire ça. Ensuite, je me suis dit qu'il fallait arrêter cette mascarade, donc j'ai pris le papier, je l'ai lu et je suis parti. Mais je ne cautionne en aucune manière ce communiqué.»
Domenech, qui a tenu à apporter ces précisions avant même que les journalistes n'abordent le sujet, a également
rallié le camp de la FFF concernant l'exclusion de Nicolas Anelka : «Pour ce qui est de la sanction infligée à Nicolas Anelka, je soutiens complètement la Fédération. Personne n'a le droit de
se comporter de cette manière, dans un vestiaire ou ailleurs. Les sportifs de haut niveau ont un devoir d'exemplarité important.»
L'entraîneur de l'équipe de France a concédé que la rencontre face à l'Afrique du Sud, mardi (16h00), était «difficile à préparer». «Les joueurs ont laissé beaucoup d'énergie en
dehors du terrain, a-t-il ajouté. C'est dommage. Maintenant, les gens n'attendent plus de mots, seulement des actes.» Dans ces conditions, quelle équipe alignera Raymond Domenech
mardi ? Lui seul en décidera, a-t-il assuré. «J'ai toujours fait l'équipe. Personne ne m'a jamais dicté quoi que ce soit concernant mes compositions d'équipe.»
Source: L'Equipe
Au lendemain de la «grève» de l'entraînement, l'équipe de France a repris le travail lundi matin à Knysna. Les joueurs ont commencé à trottiner autour du terrain à 11h00, puis Robert Duverne a dirigé la première partie de la séance (échauffements, étirements). Des ateliers techniques ont ensuite été organisés lors de cette session ouverte, pour les 25 premières minutes, à la presse.
Source: L'Equipe
Bixente Lizarazu
«Il est temps que l'avion se crashe, que la bête soit abattue. Depuis quatre ans, c'est massacre à la tronçonneuse. Sur le fait de lire le communiqué, il faut poser la question à Raymond Domenech. Est-ce qu'il cautionne ou pas ce communiqué ? Il n'y a plus d'autorité en équipe de France, il n'y a plus de pilote dans l'avion, c'est pathétique. L'Afrique du Sud joue une finale sur son troisième match. Ils peuvent être le premier pays organisateur à ne pas passer le premier tour. Sur le plan de la motivation, ils seront chauds bouillants. Et en face, il y aura une équipe qui a passé son temps a chercher le traître... On est dans un asile de fous aujourd'hui, il me tarde qu'on en finisse avec l'équipe de France, qu'on puisse se projeter sur la vraie Coupe du monde, celle qui nous intéresse.»
Jean-Pierre Papin
«Je pense que ça commence à bien faire maintenant. On a bien touché le fond, on est la risée du monde entier. Si encore on avait des résultats de stars, on pourrait comprendre ces caprices de stars, mais là, franchement, je crois qu'on est arrivé à un point de non-retour. Ils salissent leur pays. Les gens ne parlent que de ça, que de ça. Quand on a porté ce maillot, et qu'on l'a porté fièrement, aujourd'hui notre fierté on l'a perdue».
Aimé Jacquet
«On a touché le fond. Ces joueurs ne s'aperçoivent pas qu'il y a une Coupe du monde. C'est fantastique une Coupe
du monde ! Je suis atterré par tout ça. Je souhaite que la France relève la tête. Il y a des grands
joueurs qui ont pris des responsabilités. Pour éviter d'avoir cette image qui va nous poursuivre pendant des années, j'espère qu'on va gagner mardi.»
Claude Makélélé
« C'est un contexte difficile. Le plus important, c'est que les joueurs se reconcentrent pour le dernier match. C'est difficile pour Raymond Domenech mais il doit prendre ses responsabilités. C'est dommage tout ce qui arrive, il n'y a même plus le respect du maillot. Le prochain sélectionneur va avoir du boulot... ».
Zinedine Zidane
«Il y a beaucoup de choses dites autour de l'équipe de France. On est tous déçu, moi le premier. J'ai envie que cette équipe fasse de belle chose. Porter ce maillot est la plus belle chose qui me soit arrivée. Les voir dans cette situation est très difficile pour moi.»
Noël Le Graët
« Je suis consterné parce que j'avais l'impression que le groupe était solide mais cela s'est détérioré après le match contre le Mexique (défaite 2-0, ndlr). Cela dépasse certaines bornes, c'est beaucoup trop fort »
Christophe Dugarry
« C’est bien sûr inacceptable. C’est une Coupe du monde, pas un tournoi de plage. Faire ça en public nous rend ridicules sur toute la planète. Depuis le début, tout est disproportionné autour des Bleus. Un événement débile en entraîne un autre. Plus rien n’est maîtrisé. »
source: L'Equipe
C'est dans un climat très tendu que les Bleus ont décidé d'annuler purement et simplement l'entraînement public prévu dimanche après-midi. Après avoir signé des autographes aux supporters présents, les joueurs de l'Equipe de France ont été témoins d'une altercation entre Patrice Evra et Robert Duverne. Ils ont ensuite annulé la séance en pointant du doigt les journalistes. Dans la foulée, Jean-Louis Valentin, directeur délégué de la FFF, est venu parler aux médias. «Les joueurs ne veulent pas s'entraîner. C'est une honte. Dans ces conditions, j'ai décidé de rentrer à Paris et de démissionner», a-t-il lâché sous le coup de la colère. Patrice Evra a remis une lettre au chef de presse qui doit la lire aux journalistes présents. Personne ne connait la teneur du message.
Le mythe d'une équipe de France soudée, fabriqué autour du leitmotiv "le groupe vit bien", a volé en éclat samedi au Mondial, avec la révélation des insultes proférées contre Raymond Domenech par Nicolas Anelka, finalement exclu du groupe dans la soirée.
"Devant le refus du joueur de se livrer à des excuses publiques", le président de la Fédération française (FFF) Jean-Pierre Escalettes "a pris la décision en plein accord avec le sélectionneur et les membres de la délégation présents à Knysna d'exclure Nicolas Anelka du groupe".
Cette sanction a été prise après que le journal l'Equipe a raconté, samedi, une altercation de vestiaire, survenue jeudi soir. "Anelka aurait dû être dans l'avion dès vendredi matin, puisque ça s'est passé jeudi soir. Pourquoi attendre que l'histoire soit sortie dans la presse?", s'est étonné Bernard Saules, membre du conseil fédéral de la FFF.
Patrice Evra, capitaine des Bleus, a regretté le départ d'Anelka et a réagi en chef de bande, en colère à l'idée d'une taupe dans le vestiaire parlant à la presse: "Le problème de l'équipe de France n'est pas Anelka, mais le traître qui est parmi nous. Il faut éliminer ce traître du groupe (...) Cela vient de quelqu'un qui est dans le groupe et qui veut du mal à l'équipe de France".
Evra a conclu en disant qu'il ne pouvait plus dire que le groupe était sain avec ces fuites. L'ambiance au Pezula, l'hôtel cinq étoiles des Bleus au bord de l'Océan Indien, va devenir vraiment pesante avec cette chasse au traître...
Source: AFP
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