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FRANCE - AFRIQUE DU SUD : 1-2
Buts : Malouda (70e) pour la France - Khumalo (20e), Mphela (37e) pour l'Afrique du Sud
Le cauchemar est terminé, le fiasco est total. Pour son ultime occasion de sauver l'honneur et la dignité de la nation, l'équipe de France a une nouvelle fois failli. Les Bleus se sont logiquement inclinés devant une équipe sud-africaine (1-2), peut-être moins fringante sur le papier mais tellement plus au point collectivement. Raymond Domenech avait pourtant révolutionné son onze de départ en alignant une attaque Gignac-Cissé, en titularisant Clichy, Gourcuff et Squillaci aux dépens d'Evra, Malouda et Abidal et en confiant le brassard à Alou Diarra. Mais dans le jeu, pas de révolution. Khumalo (20e) et Mphela (37e) se sont chargés de mettre un terme au rêve bleu, déjà compromis par l'expulsion de Gourcuff (26e). La réduction du score de Malouda (70e), entré à la pause à la place de Gignac pour inscrire le seul but français de ce Mondial, restera anecdotique.
Une nouvelle fois, la faillite collective tricolore a été totale. Les Bafana Bafana n'ont pas eu à forcer leur talent pour faire voler en éclat une défense déjà aux abois face au Mexique (2-0). L'absence d'Abidal, impliqué sur les deux buts mexicains, n'a pas changé la donne. Comme souvent, les Bleus ont craqué sur un coup de pied arrêté, un corner tiré par Tshabalala. Une sortie manquée par Lloris, Diaby qui ne saute pas au marquage de Khumalo et le défenseur sud-africain n'a eu aucune difficulté pour ouvrir la marque au deuxième poteau (1-0, 20e). Un gros quart d'heure plus tard, c'est le côté droit qui a pris l'eau sur un centre de l'intenable Tshabalala renvoyé par Diaby dans les pieds de Masilela. Au deuxième poteau, Mphela n'a été que trop peu gêné par Diarra pour pousser le ballon dans les filets français (2-0, 37e) sur le centre du défenseur du Maccabi Haïfa. Entre temps, Gourcuff avait été - sévèrement - expulsé pour un coup de coude involontaire dans un duel aérien (26e). A dix, avec deux buts de retard, les Bleus étaient déjà promis à l'enfer à la pause.
Ça n'a pas été plus glorieux en attaque. A l'image d'un Gignac sans conviction sur la première occasion du match (3e), les Bleus ont affiché leur incapacité traditionnelle à produire du jeu et à se créer des occasions. Hormis un coup franc vicieux de Ribéry (40e), on n'a rien vu de la première période. Les entrées de Malouda et de Henry (55e), pour sa 123e et probablement dernière sélection, n'ont apporté qu'un mieux trop léger, récompensé par un but flatteur de l'ailier de Chelsea servi par Ribéry seul face au but vide (2-1, 70e). Car les Bafana-Bafana, portés par le rêve d'une victoire écrasante synonyme de qualification, étaient bien les plus dangereux sur le terrain, à l'image de l'intenable Mphela. L'ancien Strasbourgeois a mis Lloris à contribution (43e, 58e) et surtout trouvé le poteau sur un service de Tshabalala (58e) en profitant d'un alignement des plus aléatoires de la défense française. Ces Bleus, sans rigueur en défense, sans combativité au milieu, sans génie en attaque, ne méritaient pas mieux. Et encore, on ne parle que du terrain...
Source: Eurosport
La cote de la France n'était pas au plus haut dans le monde du football depuis la main de Thierry Henry contre l'Irlande, nul doute que la mutinerie de dimanche à la suite de l'exclusion du Mondial de Nicolas Anelka, ne va pas faire remonter les cours.
Lundi matin, la presse européenne ironise sur «le feuilleton tragi-comique» des joueurs de l'équipe de France au
Mondial-2010, qui ont fait la veille leur «révolution». Il y a d'abord ceux qui filent la métaphore historique comme les quotidiens transalpins. «C'est avec un peu d'avance sur la date historique
du 14 juillet que les joueurs français ont pris la Bastille, symbole du pouvoir tyrannique de leur fédération, pour tenter de libérer le prisonnier Nicolas Anelka», raconte Il Corriere della
Sera. Le quotidien italien s'amuse de ce «soap opera» à la française sous-titré «insultes, trahisons et larmes». Pour Il Messaggero, qui parle aussi de «révolution française», c'est du «jamais
vu» (en français dans le texte).
Un «opéra-bouffe» pour El Païs
En Allemagne, le Berliner Zeitung titre «Révolution en Afrique du Sud» et écrit que «la brouille entre les onze français et l'entraîneur Raymond Domenech devient une affaire d'Etat». Le football français est au coeur d'une «révolution qui horrifie la France», titre le quotidien berlinois Der Tagesspiegel. «La grande Nation observe avec effroi comment ses joueurs de football échouent à appliquer les idéaux d'égalité, liberté, fraternité», selon le journal.
«La révolution française» aussi, à la Une du quotidien sportif espagnol Marca. «La France brûle», titre pour sa part le grand quotidien El Pais au sujet de ce qu'il qualifie «d'opéra bouffe». Le journal El Mundo se montre le plus dur en titrant: «Cette France est une ruine».
Les tabloïds anglais se régalent
Si le tabloïd The Sun plaisante avec «Révolution Française II», les autres quotidiens anglais préfèrent le thème de la mutinerie: «Le départ d'Anelka fait éclater la mutinerie française», pour le Daily Telegraph. «Confusion dans le camp français après la mutinerie», titre le Times. «La France pourrait être éliminée de la Coupe du monde mardi (...) mais cela fera beaucoup moins de dégâts à sa réputation que les scènes choquantes qui se sont déroulées hier (dimanche) après-midi», estime le grand quotidien londonien.
La Libre Belgique lance un ironique «Vive la France», soulignant que dans une compétition «plutôt poussive», «le feuilleton tragi-comique que nous donnent à voir Domenech et ses troupes, meilleurs comédiens que footballeurs, nous empêche de verser dans l'ennui».
L'Irish Times reprend en Une la déclaration de l'entraîneur français Francis Gillot: «La France est la risée du monde entier».
Le quotidien populaire suisse Le Matin laisse de côté l'ironie et choisit de titrer «LA HONTE !», avec une photo des joueurs tête basse. «Les Français ont touché le fond ! L'équipe de France de football n'est plus. Hier elle a explosé», estime le journal.
La presse algérienne quasi-muette
Au Portugal, A Bola retient la «grève dans la sélection française», alors que sous le titre «Ils sont fous ces Gaulois», le Jornal de Noticias parle de «chaos total en France».
Pour le tabloïd norvégien Verdens Gang, l'équipe de France «fait un bras d'honneur à la planète».
Hors d'Europe, la presse algérienne préfère se concentrer sur les chances de qualification intactes des Fennecs. Seul AlgérieNews titre «Le paquebot France chavire». «Jamais l'équipe de France n'a connu pareille Bérézina», écrit le journal en première page.
Source: Le Parisien
En conférence de presse, Raymond Domenech a confié qu'il avait tenté de raisonner ses joueurs dans le bus de l'équipe de France avant de venir lire leur communiqué expliquant leur décision de boycotter l'entraînement, dimanche après-midi. «Ça faisait 45 minutes, même plus, que j'essayais de convaincre les joueurs de l'aberration, de l'imbécilité, de la stupidité sans nom de ce qu'ils se préparaient à faire, a lâché le sélectionneur national. Avec le staff et les membres de la Fédération, on a tous essayé de les convaincre qu'en tant que joueur de l'équipe de France, ils ne pouvaient pas se permettre de faire ça. Ensuite, je me suis dit qu'il fallait arrêter cette mascarade, donc j'ai pris le papier, je l'ai lu et je suis parti. Mais je ne cautionne en aucune manière ce communiqué.»
Domenech, qui a tenu à apporter ces précisions avant même que les journalistes n'abordent le sujet, a également
rallié le camp de la FFF concernant l'exclusion de Nicolas Anelka : «Pour ce qui est de la sanction infligée à Nicolas Anelka, je soutiens complètement la Fédération. Personne n'a le droit de
se comporter de cette manière, dans un vestiaire ou ailleurs. Les sportifs de haut niveau ont un devoir d'exemplarité important.»
L'entraîneur de l'équipe de France a concédé que la rencontre face à l'Afrique du Sud, mardi (16h00), était «difficile à préparer». «Les joueurs ont laissé beaucoup d'énergie en
dehors du terrain, a-t-il ajouté. C'est dommage. Maintenant, les gens n'attendent plus de mots, seulement des actes.» Dans ces conditions, quelle équipe alignera Raymond Domenech
mardi ? Lui seul en décidera, a-t-il assuré. «J'ai toujours fait l'équipe. Personne ne m'a jamais dicté quoi que ce soit concernant mes compositions d'équipe.»
Source: L'Equipe
Au lendemain de la «grève» de l'entraînement, l'équipe de France a repris le travail lundi matin à Knysna. Les joueurs ont commencé à trottiner autour du terrain à 11h00, puis Robert Duverne a dirigé la première partie de la séance (échauffements, étirements). Des ateliers techniques ont ensuite été organisés lors de cette session ouverte, pour les 25 premières minutes, à la presse.
Source: L'Equipe
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