Et à la question Que pensez-vous de la performance de Trezeguet ?, Domenech répond: "Ce n'était pas un match facile pour les attaquants. Il a été actif, il n'a pas marqué mais comme les autres. Dans le travail, dans le registre de la construction, je l'ai trouvé intéressant. Il n'a pas eu non plus de ballons à gérer devant le but."
"Ce n'était pas évident pour un joueur de surface comme lui d'avoir de bons ballons, mais il a beaucoup bougé, il a multiplié les appels ce qui m'a ouvert quelques espaces. C'est vrai qu'aujourd'hui il n'a pas eu beaucoup de ballons, mais je suis persuadé que s'il en avait eu ne serait-ce qu'un seul, il marquait. Il ne faut pas oublier qui est Trezeguet, ce qu'il sait faire. Il reste un joueur décisif, qui peut faire du bien à l'équipe sur une compétition telle que l'Euro", a-t-il plaidé après la rencontre.
En l'absence de Thierry Henry et de Karim Benzema, tous deux forfaits, c'est Djibril Cissé (26 ans, 35 sélections, 9 buts) qui devrait épauler Nicolas Anelka à la pointe de l'attaque de l'équipe de France ce soir. En conférence de presse, Raymond Domenech a laissé sous-entendre que l'attaquant de l'Olympique de Marseille devrait prendre place au sein du onze de départ des Bleus face à l'Angleterre. "Il y a une chose insupportable, et je l'ai vécue, c'est quand tu es sélectionné, que tu es remplaçant et que le titulaire se blesse, mais qu'on rappelle quelqu'un pour le titulariser", a expliqué le sélectionneur national. David Trezeguet devrait donc prendre place sur le banc de touche au coup d'envoi.
Reste à se mettre d’accord sur le sacrifié. Le camp anglais a son candidat : David Beckham, alias «Beck», alias - mais là, ça remonte - le «Spice Boy», un abus de langage pour celui dont le jeu fut toujours si peu épicé. Ce soir, l’enfant de Leytonstone fêtera sa 100e cape, un honneur dont on ne sait s’il faut l’interpréter comme un hommage, une récompense ou un coup marketing.
Sinon, c’est peut-être le candidat du camp français qui sera le dindon de la farce : le juventino David Trezeguet, meilleur buteur du championnat italien (un 17e but ce week-end pour lessiver l’Inter Milan, leader du Calcio) et meilleur réalisateur des Bleus si l’on rapporte le nombre de buts inscrits au nombre de sélections : 0,485 pour lui, 0,45 pour Thierry Henry, son fossoyeur en équipe de France.
Résumons : Domenech n’a rien contre Trezeguet mais bon, il privilégiera Henry à tous les coups. Et le Barcelonais n’est pas Trezeguet-compatible, c’est pour ça qu’Henry prend régulièrement - ce fut le cas lors de l’Euro portugais en 2004 ou le Mondial allemand de 2006 - la peine de dauber son «ami», histoire de bien se faire comprendre. Ensuite, sur le terrain, le Turinois transbahute quelque chose de cette sensualité délicate et sucrée qu’il dégage quand il s’exprime : il lui faut un écrin. C’est-à-dire des ailiers qui étirent la défense adverse pour lui donner de l’espace, des giboulées de centre au deuxième poteau et un compère d’attaque qui ne vient pas lui baver sur les rouleaux dans la surface de réparation, là où Trezeguet plante son tipi. Sur les quatre places d’attaquants disponibles à l’Euro, Henry, Karim Benzema et Nicolas Anelka en ont pris trois. Reste Djibril Cissé. Ou Trezeguet, débarrassé d’Henry ce soir face à l’Angleterre.
Une cascade de blessures
Raymond Domenech va donc faire avec ce qu'il a face à une équipe d'Angleterre revancharde après sa non-qualification pour l'Euro. Steven Gerrard et les siens, qui n'ont plus battu les Bleus depuis plus de dix ans, n'ont pour l'instant pas grand chose à défendre, juste un blason à redorer. Fabio Capello, à peine arrivé, l'a bien compris. Un revers face à la France, pour son deuxième match à la tête de la sélection, sonnerait déjà comme une fausse note. Pas de grande révolution, donc, ni de large revue d'effectif. Les piliers Terry, Gerrard, Lampard, A. Cole et autre Ferdinand sont toujours là, entourés de quelques jeunes pousses comme le Gunner Theo Walcott, rappelé pour la première fois depuis le Mondial 2006, le jeune attaquant d'Aston Villa Gabriel Agbonlahor ou encore le défenseur de Middlesbrough David Weather. David Beckham, jugé hors de forme et écarté contre la Suisse, en février (2-1), fait lui son retour et devrait enfin pouvoir honorer sa centième cape sous le maillot aux trois lions.
La dernière chance de Trezeguet ?
Non retenu par Raymond Domenech dans la liste initiale de 39 joueurs, David Trezeguet a finalement été appelé en renfort après les forfaits de Benzema et Henry, et évoluera avec les A. Le co-meilleur buteur de la Serie A (17 réalisations en 28 matches) sait donc à quel point il jouera gros, s'il joue tout court, face à l'Angleterre. Car, derrière les indéboulonnables Henry, Anelka et Benzema, les places en attaque risquent de coûter très cher à l'Euro. Trezeguet n'a donc pas le choix, il doit briller, au même titre que Djibril Cissé, qui abattra lui aussi sa dernière carte. D'autres, comme Mathieu Flamini, Julien Escudé, François Clerc, Alou et Lassana Diarra ou même Philippe Mexès, tenteront également de se faire une place au soleil. A moins que les jeux ne soient déjà faits.Gérard Houllier (DTN du football français) :
« C’est une tragédie car c’était non seulement un ami du sport mais aussi un ami personnel. On s’était revu récemment pour l’anniversaire d’un ami commun. Ca semble trop injuste. Nous en sommes au stade de ne pas y croire. On se souviendra surtout de son sourire, de sa joie de vivre, de sa passion, son enthousiasme mais aussi sa rigueur professionnelle. Je pense surtout à sa femme et ses enfants à qui j’exprime tout mon soutien. »
Luis Fernandez :
« Au cours d’une émission, il a pris ma défense. J’ai eu l’occasion de lui dire merci et je suis vraiment triste aujourd’hui. C’est quelqu’un qui part jeune, c’est dur. C’est difficile. J’ai une pensée pour sa famille et pour ses proches car c’est un moment difficile. C’est un personnage qu’on aimait et que nous ne sommes prêts d’oublier. »
A la veille du match France-Angleterre, Fabio Capello n’a pas tari d’éloges sur David Trezeguet qu’il avait eu sous ses ordres à la
Juventus Turin entre 2004 et 2006. "Je suis content pour lui qu’il revienne en sélection, mais nettement moins content qu’il fasse son retour contre nous, car il est très fort et très
dangereux", a confié le sélectionneur italien des Three Lions, ce mardi, lors d’une conférence de presse à Paris.
Merci
à Alyssa






